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Chronique : Le rap béninois, c’était mieux avant !

Qu’une chose soit claire. Qu’il s’agisse de rap ou de musique d’un tout autre genre, le bon son, ce n’est pas forcément la musique consciente. Donc, pour contextualiser cet article, je dirai que le bon rap, ce n’est pas forcément le rap conscient. Parce que quand un flow potable et un rythme fluide se croise dans le même mic, cela donne forcément quelque chose de magique et de facile à déguster. Pour ainsi dire, mes oreilles en ont croisé d’esthétiquement reconnaissable il y a un bout de temps.

Il fut une époque au cours de laquelle être rappeur voulait dire quelque chose, même si la plupart des amateurs ignoraient encore ce que cela pouvait représenter. Mais aujourd’hui, non seulement l’artiste ignore quelle est la portée de son art, mais s’ignore lui-même parce que cherchant désespérément à se reconnaitre dans une réalité qui n’est aucunement la sienne. Nous avons tous eu le plaisir de bercer notre oreille avec la merveille dont nous a gratifié un certain ADN qui plus tard est devenu Sèwèdo…Bref, en attendant qu’il ne se retrouve nous on savoure toujours.

 

« Qui veut un test d’ADN ». Je n’ai pas cité ce titre par hasard. Il s’agit ici d’illustrer ce que j’ai avancé en prélude à cet article, le bon rap n’est pas forcément conscient. Des textes de rap de cette hauteur intellectuelle et ludique à la fois, je ne crois pas qu’il en existe une flopée dans le game béninois. J’ai presque envie de dire que c’est le seul, mais ce serait mentir, car on se souvient encore d’un groupe qui avait fait pareille à une époque pas si lointaine, Blasphem ou encore Diamant Noir… brillamment en baisse de forme.

 

 

 

Le rap béninois, une farce de studio
Si vous ne l’avez pas encore remarqué, j’écris à reculons. Tout ceci pour dire avec la plus grande certitude que le rap était mieux avant au Bénin. Oui avant on rêvait de faire comme les grands frères. Ils nous donnaient envie de poser nos flows troubles dans des studios pourris, mais c’était déjà ça le truc. Pour ce qui est du game aujourd’hui, il me plait presque de le qualifier de cour des analphabètes. Exception faite de quelques-uns qui essaient tant bien que mal de faire ce qu’ils peuvent pour nettoyer les oreilles remplies de merdes musicales des jeunes, eux-mêmes aveugles de leur propre inculture, le rap béninois c’est vraiment n’importe quoi !
Tous les rappeurs se disent punch liners. Mais je puis vous assurer que très peu le sont. Et en vérité, beaucoup d’entre eux sont incapables de faire la différence entre une phase et une punch line. Du coup on entend souvent du profond d’une ignorance certaine : « Mon texte est une avalanche de punch lines ». Encore heureux qu’il connaisse le mot avalanche.

Le rap conscient l’est toujours

Avouons cependant que dans le domaine du rap conscient, on entend de plus en plus du bon son, certes, mal ou peu promus (question de mentalité à deux balles des animateurs et stations de radios et télévisions), mais il en existe quand même. Pour exemple, je veux mentionner un titre, « Un parfum de rébellion » de Jay Killah dont la fragrance ne nous a pas embaumé pendant longtemps. Pas sa faute évidemment. Un autre qui s’illustre bien dans ce domaine, c’est l’ami de Porto-Novo WP Babadjèdjè…quoiqu’un peu trop illuminé par le Saint-Esprit…bref.

 

 

Ainsi, le rap en tant que jeu fait de rimes, de figure de discours (Si vous savez ce que c’est chers rappeurs), d’images intéressantes, à laisser place à des imposteurs. Des individus qui donnent au rap un visage qui n’est pas la sienne. Le rap c’était mieux avant. Et si vous n’êtes pas de cet avis, citez des titres actuels qui méritent d’être hissés au rang de cet article qui pourtant n’a fait objet d’aucune toilette, sauf une relecture… évidemment.

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